Un nez cassé paraît souvent banal. Pourtant, derrière une fracture du nez se cachent parfois des lésions invisibles qui peuvent dégénérer en complications graves, voire mortelles. Comprendre les signes, agir vite et consulter les bons professionnels change tout. Ce guide clair et empathique vous aide à reconnaître les risques et à adopter les bons réflexes dès les premières minutes.
💡 À retenir
- Environ 100 000 fractures du nez sont enregistrées chaque année en France.
- Les complications peuvent entraîner des infections graves.
- La prise en charge précoce peut réduire les risques de décès.
Comprendre la fracture du nez
Le nez est la partie du visage la plus exposée. Un choc apparemment sans gravité peut fissurer ou briser l’ossature nasale et léser les tissus voisins. Chaque année, ce type de traumatisme touche un grand nombre de personnes, autant chez les sportifs que lors de chutes domestiques.
En France, on recense environ 100 000 cas par an, ce qui en fait la fracture faciale la plus fréquente. Les cartilages et le septum nasal peuvent être atteints, avec des conséquences respiratoires et esthétiques, mais aussi des risques médicaux plus sérieux.
Définition et causes
Une fracture du nez correspond à une rupture des os propres du nez, parfois associée à une atteinte du cartilage et du septum. Elle survient après un coup direct, une chute, un ballon mal réceptionné, un accident de vélo ou de trottinette, un choc lors d’un sport de contact, ou une agression.
Chez l’enfant, les tissus sont plus souples mais la vigilance s’impose, car les signes peuvent être discrets. Chez la personne âgée, le risque de complications est plus élevé, notamment en cas de traitement anticoagulant.
Symptômes à surveiller
Les manifestations typiques sont la douleur, un nez déformé, des ecchymoses autour des yeux, un saignement de nez et une gêne respiratoire. Certaines alertes imposent de consulter rapidement, car elles peuvent révéler une atteinte plus profonde qu’une simple fracture du nez :
- Écoulement de liquide clair par le nez, suggestif de rhinorrhée claire liée au LCR
- Perte de connaissance, vomissements, maux de tête intenses ou troubles de la vision
- Saignement abondant qui ne s’arrête pas après compression
- Obstruction nasale importante avec douleur pulsatile, évoquant un hématome du septum
- Fièvre, fatigue inhabituelle, raideur de la nuque dans les jours qui suivent le choc
Les risques associés à une fracture du nez

La plupart des fractures se soignent sans drame. Cependant, certaines s’accompagnent de lésions crâniennes ou de plaies internes qui peuvent évoluer défavorablement. Un choc violent peut provoquer une brèche entre le nez et la base du crâne, entraîner une hémorragie intracrânienne ou un trouble de la conscience.
D’autres complications sont infectieuses. Des bactéries peuvent se propager depuis les fosses nasales ou les sinus vers le cerveau, favorisant une méningite ou un abcès. Un hématome du septum qui n’est pas drainé à temps peut s’infecter, nécroser le cartilage et conduire à un sepsis généralisé.
Exemples marquants rapportés par des soignants. Après un match de rugby, un adolescent, rentré chez lui avec un nez enflé, a développé une fièvre et des maux de tête intenses 48 heures plus tard. Le diagnostic a confirmé une méningite d’origine sinusienne. Autre cas, un conducteur victime d’un choc frontal a présenté une fracture de la base du crâne associée, passée inaperçue au début, avec hémorragie intracrânienne évolutive. Ces situations restent rares, mais elles expliquent pourquoi une fracture du nez peut, dans de mauvaises conditions, conduire au décès.
Côté patients, les témoignages sont éloquents. « Je pensais n’avoir qu’un bleu », raconte Sofia, 29 ans. « Le saignement a cessé, mais je respirais mal et je faisais de la fièvre. À l’hôpital, ils ont parlé d’infection des sinus et m’ont gardée pour perfusion. » Un ORL complète. « Ce qui change la donne, c’est la rapidité de l’évaluation et le drainage d’un hématome septal quand il est présent. C’est une urgence vraie. »
Importance d’une intervention rapide
Plus l’évaluation médicale est précoce, plus on réduit les risques graves. Une consultation permet de détecter une brèche ostéo-méningée, de traiter un hématome septal avant l’infection, de contrôler un saignement et de repérer une atteinte des os de la face. Cette vigilance précoce abaisse directement le risque vital et améliore le résultat fonctionnel et esthétique.
Au-delà du risque immédiat, un suivi rapproché dans les jours qui suivent le traumatisme aide à repérer la montée d’une fièvre, l’apparition d’une raideur de nuque ou d’une douleur orbitaires, signes d’infection profonde qui nécessitent des soins urgents.
Que faire en cas de fracture du nez ?
Les premiers gestes comptent. Ils limitent le saignement, la douleur et les complications. En cas de doute sur une fracture du nez, adoptez ces réflexes simples et efficaces en attendant l’avis médical.
- Asseyez-vous, la tête légèrement penchée vers l’avant, et pincez la partie molle du nez 10 minutes sans relâcher
- Appliquez du froid sur le nez et les joues, avec un tissu entre la peau et la poche de glace
- Évitez de vous moucher et de manipuler le nez, ne mettez pas de coton au fond des narines
- Privilégiez un antalgique type paracétamol, évitez l’aspirine et les AINS en cas de saignement
- Si la personne est confuse, somnolente, ou si l’hémorragie persiste, appelez le 15/112
Quand consulter. Saignement qui ne cède pas, déformation importante, nez totalement bouché d’un côté, douleur intense, écoulement clair, vomissements ou perte de connaissance justifient un passage aux urgences. Sinon, un avis ORL sous 72 heures est recommandé pour évaluer la nécessité d’une réduction et pour vérifier l’absence d’hématome septal.
Le rôle des professionnels de santé est central. Les urgentistes stabilisent, soulagent, assurent le bilan initial et décident des examens (radiographie rarement utile, scanner si suspicion de fracture complexe ou de lésion crânienne). L’ORL réalise la réduction si besoin, draine un hématome, prescrit des soins locaux et des antibiotiques en cas de plaie ouverte ou de drainage septal. Une mise à jour antitétanique peut être proposée pour une plaie souillée.
Témoignage médecin. « Le piège, c’est l’hématome septal, parfois invisible au premier coup d’œil. Quand on le draine à temps, on évite la nécrose du cartilage et l’infection. » Témoignage patient. « J’ai attendu parce que je n’avais “que” mal au nez, confie Karim, 41 ans. Le lendemain, je respirais presque plus d’un côté. L’ORL a drainé un hématome, et tout est rentré dans l’ordre. »
Prévenir les complications graves
Réduire le risque commence bien avant l’accident. Un équipement adapté, des habitudes prudentes et une réaction rapide dès les premiers signes font une vraie différence. Pour toute fracture du nez suspectée, la clé est de ne pas minimiser le choc et d’obtenir un avis soignant sans tarder.
Après le traumatisme, certains gestes favorisent la cicatrisation et limitent les infections. Dormir avec la tête surélevée, utiliser des sprays d’eau de mer, éviter le sport de contact et le port de lunettes lourdes sur l’arête nasale le temps de la consolidation aident à prévenir une aggravation.